Testemunhas /

Isabel de Jesus Maria de Sousa Holstein Brandão de Melo

Aristocrata

Nascida a 10 de setembro de 1876 (com 41 anos), filha dos 1.os Marqueses de Sesimbra e mulher do coronel de artilharia António Mimoso Brandão de Melo; foi de automóvel, durante a noite, de Lisboa à Cova da Iria para o 13 de outubro de 1917 e descreveu-o em francês ao capuchinho frei Gélase, de Sion (Suíça).

Residência: LisboaVeio de longeAtitude prévia: crente1 relato · 13 de outubro de 1917
13 out.Testemunho diretoEm parteCartaVeio de longeA multidãoA chuva a pararDisco pálido / prateadoPalavras dos videntes

Enfin comme le 13 oct. approchait et que j'avais un grand désir, un immense désir, d'aller à Fatima, l'endroit du miracle, nous avons arrangé, ma soeur, des cousines et des amies, à aller toutes ensemble. Il n'y a point de chemin de fer jusqu'au village, et du village même jusqu'à l'endroit de l'apparition c'est encore assez loin. Nous avons donc loué une grande automobile et sommes parties bravement de Lisbonne à 2 heure du matin, pour etre á l'endroit indiqué à midi. Nous avons voyagé toute la nuit, et á 10 heure[s] nous étions à l'endroit de l'apparition. Il y avait déjà une foule énorme qui attendait; on a calculé qu'il se trouvait là plus de 50.000 personnes. Pendant toute la nuit et la matinée nous avions rencontré des centaines de voitures, des gens à pied, à cheval, à âne, enfin tous les vehicules possibles; et je vous assure qu'il y en avait de véritablement préhistoriques. Cela fesait un peu rire, mais c'etait touchant en même temps de voir tant de personnes se diriger au meme endroit pour assister à l'apparition de la Vierge. Moi je disais que c'etait déjà là un vrai miracle: à la voix de ces pauvres enfants tant de milliers de personnes laissaient leurs maisons, leurs affaires, pour accourir, prier et chanter des cantiques. Il pleuvait à verse, une pluie comme il n'y a pas souvent chez nous au mois d'octobre où il fait encore si beau; et pourtant pas une personne ne se plaignait; on était là sous la pluie à attendre! on entendait comme le bruit de la mer et c'etait tous ces gens qui priaient à haute voix et chantaient des cantiques.

Enfin à midi on entend un grand murmur et des acclamations. C'étaient les enfants qui arrivaient, accompagnés par le docteur de l'endroit qui les a pris sous sa protection.

[…]

Mais j'en était à raconter quand les enfants sont arrivés à l'endroit où la Ste Vierge leur apparait. Cet endroit est marqué par un autel rustique surmonté d'une croix et ayant deux lampes allumées; c'est pres d'un olivier, ou plutot c'etait un olivier, mais il n'en reste plus qu'un tronc presque à ras du sol, les gens par dévotion ont arraché les feuilles, les branches, tout.

Mon Père, il est midi précis et la pluie qui tombait par torrents cesse tout d'un coup, les enfants sont agenouillés près de la croix et prient, leur petit visages transfigurés et couverts de larmes. Alors tout d'un coup voilà qu'on entend une clameur qui sort de milliers de bouches; tout le peuple crie: "Miracle, miracle, loué soit Jésus-Christ, louée soit la Très Ste Vierge". Et le soleil qui se laisse fixer et qui semble un disque de métal sans rayons, commence à tourner sur lui-meme et à monter et descendre plusieurs fois. Voilà ce qu'on dit à côté de moi, et ce que des milliers de personnes affirment avoir vu. Moi je ne l'ai pas vu; j'ai bien pu fixer le soleil et j'etais terriblement emotionnée d'entendre tout le monde clamer qu'on voit des signes extraordinaires dans le ciel. Je crois que N. S. ne m'a pas trouvée digne de voir ces phénomènes, mais dans mon ame je n'avait pas besoin de les voir pour croire à l'apparition de la Ste Vierge aux enfants. Deux de mes cousines qui étaient près de moi, étaient hors d'elle-même[m]es et affirmaient voir exactment le soleil comme une pièce de feu d'artifice tournant vertigineusement. Enfim cela dura quelques minutes, puis de nouveau les nuages couvrirent le soleil; les enfants se relevèrent et tout ce monde se précipita sur eux pour les entendre parler.

J'ai pu voir de loin l'une des petites filles sur les bras d'un monsieur. Je n'entendis pas ce qu'elle disait, mais on a raconté qu'elle disait ceci: "La Ste Vierge a béni tout le monde, elle veut qu'on prie, qu'on fasse pénitence et qu'on bâtisse en cet endroit une chapelle en l'honneur de la Vierge du Rosaire.

Les aumônes sont si abondantes qu'on va tout de suite commencer la chapelle, et cet endroit tout à fait inconnu il y a quelques mois, est devenu tout d'un coup célèbre. Comme je vous l'ai dit, plus de 50.000 personnes étaient réunies là le 13 Oct.; et tout ce monde-là est parti heureux et convaincu que la Ste Vierge a daigné descendre un moment sur notre pauvre Portugal. Moi, j'en suis sûre. Dites-moi, mon Père ce que vous trouvez de tout cela. Je suis heureuse d'avoir pu assister à une telle manifestation de foi et de religion.

Près de moi un vieux paysan ne faisait que crier: "Ste Vierge, mon fils, mon petit enfant, meu filhinho en portugais;" C'est une expression qu'on ne peut pas bien traduire, mais qui est si touchante; sans doute son fils est à la guerre, et le pauvre vieux sentant la Ste Vierge toute proche, lui demandait de le protéger.

Notas dos editores (1)

6 Foi em Agosto.

DCF III-1, Doc. 238 · carta · 31 out. 1917 (3 semanas depois)Digitalizações (4)Ligação
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